¡ Viva la Revolución !

Publié le par sonia

Aujourd'hui, le projet de Soro pour la Côte d'Ivoire c'est de faire partir Laurent Gbagbo par un soulèvement populaire, dit-il. Et voilà la nouvelle théorie du putschiste invétéré. Il faut une révolution à la Tunisienne ou à l'Egyptienne pour faire partir Gbagbo. La où Soro et Ouattara ont fait preuve d'intelligence (ça leur arrive parfois), c'est qu'ils ont compris que ni l'Ecomog, ni l'UA, ni l'UE, ni même l'Onu ne viendront cueillir leur "fruit pourri", car certains parmi eux ont réalisé que le fruit n'était pas aussi pourri qu'on a voulu leur faire croire, maintenant qu'ils l'ont vu de près, tâté et même goûté ! Il fallait donc vite trouver une alternative, et c'est certainement pendant son 'brainstorming' que Guitou a entendu parler des événements en Tunisie et en Egypte. Malgré son passage à l'université en tant qu'étudiant et leader syndical, Soro n'a pas été capable de lire et comprendre les derniers développements de l'histoire de l'Afrique dont les épisodes Tunisien et Egyptien ne sont qu'un maillon. Aidons-le donc et permettons-lui de comprendre ce qu'est une révolution.

 

En Tunisie et en Egypte, le peuple vient de dire "assez" non pas à des individus simplement, mais à un système. Quand Ben Ali prend la fuite et que comme Ouattara en 1993, le Premier ministre Tunisien Mohamed Ghannouchi, au mépris de la constitution décide d'assurer l'intérim, le peuple durci le ton et obtient l'application de la loi fondamentale du pays qui veut qu'en de telles circonstances l'intérim soit assuré par le président du Parlement, Fouad Mbazaa, exactement comme en Côte d'Ivoire avec l'article 11 dans l'affaire Bédié contre Ouattara.

 

En Egypte, le peuple a récusé Suleiman qu'on estime être au cœur du système Moubarak. Les Partis politiques dont émanaient ces deux Présidents étaiten des Partis uniques de fait, à l'instar du Pdci que nous avons subit pendant 30 ans. Le système (notez le singulier) combattu par les Tunisiens et les Egyptiens est semblable à celui dont Laurent Gbagbo par son engagement politique a libéré la Côte d'Ivoire, officiellement le 30 Avril 1990; un système qui restreind les libertés, fait régner la terreur pour étouffer toute contradiction. C'est bien la description de ce qui se passe dans les zones prises en otage par la rébellion de Ouattara; mais le Professeur Samba Diarra saura mieux que moi dire à quoi cela ressemblait à l'échelle nationale avec le Pdci d'Houphouet Boigny dont la 'philosophie' est source d'inspiration du Rhdp, ce rassemblement de prostitués politiques.

 

Le système Ben Ali et celui de Moubarak obéissaient aux mêmes principes: établir le socle de son pouvoir essentiellement sur le soutien des puissances occidentales, comme le 43ème Bima, la Licorne et l'Onuci en Côte d'Ivoire. Ben Ali dans les moments chauds de la révolution ne s'est-il pas vu proposé le "savoir-faire" de ses copains Franaçais et Moubarak lui n’a-t-il pas fait de son armée un appendice de la US Army pour garantir la stabilité et la pérennité de leur dispositif anti-islamiste dont le Rais, lui-même ancien commandant des forces aériennes Egyptiennes était une pièce maîtresse ? Qui touchait au Pharaon avait affaire à la plus puissante armée au monde ! Ce système était aussi fondé sur la défense des intérêts égoïstes et étrangers, avec une politique intérieure vue de l'extérieur, à la manière des institutions de Bretton Woods dont la philosophie et l'idéologie constituent les fondements de la pensée économique, politique et sociale de Ouattara. C'est le même système Fmi-Banque Mondiale qui l'a infecté de théories capitalistes outrancières et insidieusement liberticides qu'il avait commencé à appliquer en 1991-1992 et qu'il rêve de nous servir à nouveau. C'est pourtant l'échec de ce système, qui maintient les pays pauvres dans la dépendance, que les Tunisiens et les Egyptiens ont dénoncé au monde entier. Ce système qui veut que la communauté internationale dont l'Onu et l'UE, au mépris de la volonté des peuples, cautionne tacitement (avec Ben Ali et Moubarak) ou ouvertement (avec Ouattara) les pseudos 'victoires' électorales de leurs marionnettes. Et comme Ouattara aujourd'hui, Ben Ali et Moubarak, 'forts' de leur 'légitimité' made in USA ou made in France se permettaient toutes les insolences à l'égard du peuple.

 

Une révolution, ça se fait contre un système, pas contre un homme. Contre quel système Soro et Ouattara appellent-ils leurs partisans à manifester ? Celui qui a donné aux planteurs la chance de gérer eux-mêmes leur cacao, là où on s'enrichissait sur leur dos ? Celui qui a rendu l'école gratuite et obligatoire ? Celui qui œuvre à faciliter l'accès aux soins médicaux à tous? Celui qui a fait électrifier plus de 1000 villages en 10 ans? Celui qui à travers les Conseils Généraux a donné aux populations la parole dans l'élaboration des plans de développement de leurs régions? Celui qui octroie les marchés publics par appel d'offres là où les choses se faisaient entre copains? Celui qui nomme en tenant compte non pas de l'appartenance politique mais de la compétence ? Celui qui choisi la diversification des partenariats afin d'éviter les monopoles assujettissants ? Celui qui n'a fait jusqu'à ce jour aucun prisonnier politique là où d'autres en faisaient par vagues ? Ouattara et Soro appellent à une 'révolution' contre quel système au juste ? D'ailleurs, une 'révolution' dictée de l'extérieur n'en est pas une. Les déclarations tonitruantes de Soro ne sont que le résultat des sermons récurrents faits à Ouattara par ses parrains concernant sa trop grande passivité et son manque d'initiative agaçant. Mais en fait, l'homme est réaliste. Ouattara sait que l'échec d'une mobilisation populaire est plus que probable, vu l'échec lamentable des journées dites villes mortes puis pays mort, vu aussi que sa prétendue 'majorité' qu'il tient des listes électorales truffées d'étrangers acquis à sa cause et aux armes de sa milice. Il sait également que malgré ses appels à un ralliement, l'armée est restée républicaine et attachée à la légalité; cette armée que lui et ses acolytes n'ont pas hésité à appeler 'rebellion', faisant depuis lors de sa milice 'son armée régulière'. Il sait également et ce depuis le 19 Septembre 2002 que la forteresse d'Abidjan est imprenable, malgré l'infiltration de quelques rebelles mis en déroute à chaque sortie. De façon générale, le défi du soulèvement populaire est perdu d'avance; il n'y a qu'à jeter un coup d’œil à la répartition de l'électorat à l'issue de la présidentielle pour s'en convaincre.

 

Si Ouattara et Soro veulent une révolution, il faut qu'ils sachent qu'on ne fait pas une révolution comme on fait un coup d'Etat. On peut fabriquer des prétextes fallacieux pour 'justifier' un coup d'Etat, mais les motivations qui poussent un peuple dans la rue comme en Tunisie et en Egypte, elles elles naissent à l'issue d'un processus que personne ne peut contrôler. L'histoire en est témoin, et elle nous enseigne aujourd'hui encore que comme hier, la seule haine viscérale que Ouattara et Soro ont pour Gbagbo Laurent ne saurait servir de ferment à une quelconque révolution, sinon être un autre prétexte pour une énième tentative d'insurrection. Laurent Gbagbo n'est pas parfait certes, mais ce qu'on peut lui reprocher n'est que broutille devant la profondeur de sa vision du développement qui place en son cœur l'homme, l'homme libre et non les chiffres.

 

La vraie révolution, c'est plutôt celle contre laquelle les nostalgiques vieux gagas du Rhdp et leur petit-fils sans ambition luttent de toutes leurs forces avec l'aide de la France et des puissances impérialistes, comme les ‘vieux’ Ben Ali et Moubarak. Cette révolution est menée par une Côte d'Ivoire digne qui a compris que la liberté des Ivoiriens et des Africains passe par la rupture nette du pacte (néo)colonial; et cette révolution là, personne ne peut l'arrêter.

 

¡ Viva la Revolución !

 

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Eric 14/02/2011 23:46


Super, ce papier.