Président Lotus

Publié le par sonia

Chez nous en Côte d'Ivoire, on appelle 'Lotus' tout ce qui est mouchoir jetable. C'est devenu une appellation 'homologuée' par les petits vendeurs à la criée qui vous assaillent au moindre arrêt dans la circulation, brandissant sous votre nez au sens propre, leurs petits paquets de Lotus. En général, tout ce qui est jetable est à usage unique, comme ce fut le cas pour Ben Ali resté dans les bonnes grâces de la France pendant 23 ans de régime totalitaire. Flash back sur une affaire ... morveuse.

 

Comme la Côte d'Ivoire, la Tunisie a été sous domination de la France avant d'être indépendante en 1956 sous la houlette des Habib Bourguiba et autres nationalistes Tunisiens. Ben Ali succède à Bourguiba (1987) et après 23 ans à la tête de la Tunisie, voici la description qui est faite de son règne:

 

"Sur le plan des libertés, des organisations non gouvernementales et des médias étrangers dénoncent régulièrement sa politique sur les droits de l'homme, inclinant vers la dictature, notamment par la répression de ses opposants et les atteintes à la liberté de la presse. Son régime fut également caractérisé par une généralisation de la corruption dont bénéficia principalement la famille de sa deuxième épouse Leïla, les Trabelsi, qualifiée selon les observateurs de « clan quasi-mafieux ». Sa fortune personnelle, estimée à cinq milliards d'euros placés sur des comptes à l'étranger ou investis dans l'immobilier, serait essentiellement le résultat des détournements de fonds opérés durant les 23 années de sa présidence." (wikipedia).

 

Bien entendu, puisque depuis lors la France et alliés avaient pouvoir de faire et défaire les présidents Africains, on comprend aisément que le sieur Ben Ali ait dû son long règne principalement au soutien de la France qui, comme le singe de la parabole a eu les oreilles , la bouche et les yeux obstrués par des intérêts beaucoup plus importants que le besoin de liberté de millions de Tunisiens et la promotion de la démocratie qui somme toute a toujours été vue de l'hexagone comme "un luxe pour l'Afrique".

 

 Tant que les intérêts Français étaient garantis, le régime Ben Ali pouvait être assuré du soutien sans faille de l'occident tiré par la France. Mais lorsque des événements imprévus s'invitent dans les calculs élyséens, à l'instar du petit 'Lotus' dans lequel on vient de larguer sa morve, Ben Ali devient indésirable, salissant et compromettant pour l'image du patron en exercice des G 20 et 8. Le partenaire et allié d'hier est désormais tellement dégoûtant et encombrant que même l'asile lui est refusé sur le sol Français. Cocoricooooo! S'en suivent le gel de tous les comptes des Ben Ali et le soutien au "peuple épris de liberté".

 

Mais heureusement que personne n'est dupe et Michelle Alliot Marie s'en doute bien. La France n'a rien à reprocher au copain Ben, mais elle réalise simplement que le contrôle du pouvoir lui ayant échappé, ce dernier ne sert plus à rien. Il devient un président Lotus, bon pour la poubelle, sans même possibilité de recyclage! Et telle est la fin de tous ceux dont la légitimité repose sur l'extérieur et non sur les populations et les institutions locales d'abord.

 

Malheureusement pour l'Afrique, pendant que cette race de présidents Lotus est entrain d'être vomie ailleurs, il existe encore des hommes politiques qui n'ont de stratégie de conquête du pouvoir que de se fondre dans ce moule répugnant et gluant de morve. Cf. les Ouattara et consort qui ne jurent que par leur communauté dite internationale et qui clament haut et fort qu'il n'y a en Côte d'Ivoire "pas d'impérialisme colonial".

 

Mais bientôt, très bientôt, Ouattara Alassane n'aura que ses yeux pour pleurer, quand les alliés dévoués d'aujourd'hui se mettront à lui proposer des points de chute, comme à un "président" Lotus que la réalité du terrain et la vérité manifestée auront placé dans une position qui le rende inutile.

Comme en Tunisie hier, en Egypte aujourd'hui ainsi qu'en Côte d'Ivoire, ce n'est pas le souci des libertés en Afrique qui fait courir la France et l'Occident, mais toujours et encore la recherche et la préservation d'intérêts colossaux et nébuleux. C'est pour toutes ces raisons qu'en Côte d'Ivoire, la reconnaissance et la légitimité du pouvoir devront toujours être d’abord l'affaire des Ivoiriens. Nous ne voulons pas de président Lotus.

 

A vos souhaits !

 

C'était les nouvelles du pays.

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Zegou Seli 07/02/2011 19:50


Atchoum!!!