Menteur venu de loin

Publié le par sonia

pinoccio« Je suis là pour certifier avec l’autorité finale.»

 

Cette déclaration terrible de Yung yi Choi reste encore fraiche dans nos mémoires d’électeurs, nous qui pensions que la lueur que nous apercevions là bas tout au fond était celle qui indiquait la sortie du tunnel. Que non. C’était un mirage, et le temps de s’en rendre compte, l’illusion a vite fait place au cauchemar, avec dans le rôle principal, Choi le menteur indécrottable. En bon fils du soleil levant, sourire jaune (original) à l’appui, il a su nous donner l’espoir d’un jour nouveau qui s’est avéré virtuel, comme tout ce dont il se fait le défenseur. Le soleil levant n’était qu’une torche de téléphone portable, Corée-toc de surcroît ! On ne peut pas en vouloir aux Ivoiriens d’y avoir cru avec toutes leurs tripes, comme le montre le fort taux relevé au premier tour et qui malgré la défaite d’un poids lourd (Bédié) a pu se maintenir au-delà des 70%. Nous avons cru dur comme fer que cette fois-là serait la bonne. La fin définitive de l’errance qui a coûté tellement de vies et de sang. Nous avons naïvement cru que Ban Ki Moon l’autre Coréen, serait moins onusien que l’Africain Anan dont cette organisation mafieuse n’a fait qu’une bouchée. Avant Choi, le poulain de Moon, Pierre Schori, Gérard Stoudman, Tévoédjré Albert ont joué au même jeu de dupes mais avec moins de classe. Avec eux, c’était la méthode ‘supprimer’ Gbagbo sans passer par la corbeille. Tous ceux-là avaient délibérément fait passer Gbagbo pour le bourreau et mis Ouattara et sa rébellion dans la peau de la victime. Laurent Gbagbo malmené, humilié, déshonoré a bu la dose de cette potion infecte qu’il lui était possible de supporter. Ayant résisté aux poisons Schori, Stoudman et Tévoédjré, il a fallu lui administrer une dose plus forte, mais en intra-veineuse. Tel se révèle aujourd’hui être le mandat parallèle de Choi. Et il faut l’avouer, il s’y est très bien pris, à quelques détails près. Lui a opté pour le mensonge comme arme fatale. Sa stratégie a ainsi connu deux grandes articulations ou deux gros mensonges.

 

Primo : Choi a menti sur les termes de son mandat. C’était un mensonge clé, car il fallait donner une couverture ‘officielle’ et ‘onusienne’ à ses gesticulations ante et post électorales. Pour rappel, souvenons-nous que la question électorale dans la crise ivoirienne a suscité en son temps la création du poste de Haut Représentant pour les Elections en Côte d’Ivoire avec un mandat ainsi défini par la 1721 (2006): «le Haut représentant pour les élections en Côte d’Ivoire sera la seule autorité habilitée à rendre les arbitrages nécessaires en vue de prévenir ou de résoudre toute difficulté ou contentieux liés au processus électoral, en liaison avec le Médiateur… ». Mais très promptement, le conseil constitutionnel s’y est opposé parce qu’estimant à raison (à la lumière des faits actuels) qu’un tel mandat conférait au HRE le pouvoir anticonstitutionnel de « méconnaître ou même invalider des décisions du Conseil constitutionnel ». En conséquence de cette protestation, la 1765 (2007) a procédé à des réaménagements notables :

Le HRE devient désormais Représentant Spécial du Secrétaire Général. Son mandat est pour l’essentiel ainsi défini : «le Représentant spécial du Secrétaire général en Côte d’Ivoire  certifiera que tous les stades du processus électoral fourniront toutes les garanties nécessaires pour la tenue d’élections présidentielle et législatives ouvertes, libres et transparentes, conformément aux normes internationales». Notons bien que dans sa nouvelle fonction, le RSSG n’est plus la seule autorité habilitée à rendre les arbitrages. Mieux, il n’est même pas associé à la procédure d’arbitrage, prérogative constitutionnellement et exclusivement réservée au Conseil Constitutionnel. Son rôle de certificateur consistait en tout ce qu’il veut, sauf se substituer aux institutions nationales compétentes. D’où vient donc que Choi se croit autorisé à « certifier avec l’autorité finale », car en effet, quelle serait donc la différence entre être la seule autorité habilitée à rendre les arbitrages et « certifier avec l’autorité finale » ? Aucune. Choi, par ce mensonge sur la base duquel il a fait un écho retentissant aux propos de Youssouf Bakayoko, a replongé la CI au fond du trou dont nous avions enfin atteint le bord. Choi a menti comme un français, s’arrogeant les pouvoirs que la 1721 avait conféré au HRE. Il nous a fait faire un bond de 5 ans en arrière, menant à son terme la sale besogne que ses prédécesseurs avaient dû laisser inachevée.

 

Segundo : Et bis repetita. Encore un mensonge d’envergure ! Après la première forfaiture, la suite logique est de se donner les moyens (diplomatiques et militaires) de porter au régime de Gbagbo le coup de grâce. Ouattara ayant été fait ‘président’ par le premier mensonge de Choï, le second devra créer les conditions de la prise effective du pouvoir par celui-ci. Pour cela, la ténébreuse machine onusienne devra être mise en branle. Le conseil de sécurité doit d’abord donner son aval pour donner à l’Onuci un mandat offensif, mandat sous lequel il aura libre cours de prendre des initiatives d’attaque militaire pour faire plier Gbagbo Laurent, ce téméraire qui jusque là a su déjouer les plans de la coalition internationale. Pour y parvenir, il fallait à Choi des arguments. Mais puisque l’homme a un registre dans lequel il prospère et excelle, il ne lui a pas été difficile de concocter un mensonge à la mesure de ses projets : des hélicos Bélarus livrés à Gbagbo. Avec ce mensonge, Choi n’était pas loin de réussir un grand coup qui aurait ouvert aux casques bleus et à la Licorne la voie à un dégommage de Laurent Gbagbo sans fioriture ! Mais Dieu veille. Le bon sens a habité les gourous de New York qui ont vite fait de balayer du revers de la main cette approche aussi gauche que trop révélatrice, laissant à Moon et à son petit Choi la lourde charge d’assumer seuls les conséquences de leur mensonge commun. Le menteur et son mentor, la queue entre les jambes se fondent et se confondent en excuses, même si l’orgueil ne leur a pas permis d’aller jusqu’au bout de leur pénitence. Les excuses, il n’y en a eu que pour le Bélarus. De toutes les façons, ce qui est attendu d’eux, ce n’est pas qu’ils s’excusent d’avoir raté leur coup, mais de plier bagage et d’aller faire joujou ailleurs.

 

S’il est vrai que la diplomatie a son langage et que l’ambigüité semble en être la principale caractéristique, les mensonges de Choi eux étaient carrément aux antipodes de la morale. Il ne s’est pas trompé, il a trompé les autres. Et c’est ce qu’il a fait dès après l’élection présidentielle. Il a trompé tout le monde. Et c’est ce qu’il fait depuis lors. Il ment et trompe. Choi, sensé être en Côte d’Ivoire le chef des peace-keepers (gardiens de la paix) a donné une très forte caution morale à la rébellion de Ouattara, il fourni appui logistique et humain à ceux qui continuent de semer la terreur à Abobo.

 

Ceux de sa race, on les connaissait pour avoir inspiré à la langue française l’expression (sou) rire jaune. Mais il faut l’avouer, le sourire de Choi lui, a viré au noir sarcastique et machiavélique !

 

Mieux vaut ne pas en rire.

 

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Zegou Seli 09/03/2011 01:34


Sonia, you did it again!Cheers...C'est sorcier qui connait sorcier...