Le peuple, la mort et Ouattara

Publié le par sonia

Ce qui se passe dans notre pays nous fait découvrir au fil du temps, des choses que nous soupçonnions déjà certes, mais qui ne nous paraissaient pas si évidentes alors. L'une des choses les plus instructives avec la crise Ivoirienne, c'est qu'elle a mis en évidence de façon indirecte les fondements des actes politiques (?) de Ouattara. Qu'en est-il donc ?

 

Le peuple et Ouattara. Terrible envie de lire "ou" à la place du "et"! Encore ce vieux débat et/ou qui nous suit comme une ombre et dont l'écho continue de résonner dans nos souvenirs, plus fort que les canons de PK 18. Le peuple "et/ou" Ouattara, c'est la nouvelle équation qui se pose à la Côte d'Ivoire depuis la dernière escalade de violence dans la capitale. Ouattara se présente de plus en plus comme étant le bourreau du peuple et dont la principale astuce (dans laquelle il excelle) est de se faire passer pour la victime. Ouattara a de tous temps clamé qu'il était le plus populaire des hommes politiques en Côte d'Ivoire, se faisant ainsi l'homme du peuple, le justicier venu de nulle part comme un "frère du Kilombo" pour libérer "ses frères" du nord de la Côte d'Ivoire, "victimes d'exclusion" et de "frustrations". Le justicier qui ne veut que le bien des populations du Nord d'où il serait originaire, ses "frères" musulmans dont il veut restaurer la dignité bafouée par ceux qui ont voulu l'empêcher de devenir Président à cause de "sa" religion. Voilà le discours avec lequel Ouattara a fait son entrée fracassante dans la politique Ivoirienne, aidé par un Bédié qui n'a pas su traiter la question Ouattara en temps opportun. La question Ouattara, c'est l'imposture d'un aventurier qui par un concours de circonstances s'est trouvé de fait à la tête de l'Etat le plus riche, le plus stable, le plus juteux, le plus paisible, le plus stratégique de l'Afrique de l'Ouest. Ça donne des idées, surtout quand cet imposteur est un économiste rompu à la haute finance et dont le flair pour ce genre d'el dorado est quasiment infaillible.

 

Le peuple et Ouattara, c'est une combinaison qui n'a jamais pu marcher, depuis l'époque où il a choisi de sacrifier l'avenir de la Côte d'Ivoire en plongeant dans la tourmente le système éducatif Ivoirien par le dépouillement des étudiants (suppression des cars, privatisation des restaurants, retrait des cités U, réduction des bourses d'étude...) et les salaires à double vitesse pour les enseignants. Oui, je sais que vous allez me dire que ça c'est de l'histoire ancienne. Et pourtant, ... Comme dit l'adage, le chien ne change jamais sa façon de s'asseoir. Près de vingt ans après, le même Ouattara se trouve face au même peuple et rien n'a changé. Tout comme il n'a pas hésité à recourir à des mesures impopulaires pour accomplir la mission à lui confiée de l'extérieur, Ouattara n'a pas hésité un seul instant à frapper dans le tas, dans le peuple pour parvenir à ses fins. Il frappe là où ça fait mal non pas à Gbagbo, mais au peuple de Gbagbo, car en réalité, c'est ce peuple là qu'il veut lui mettre à dos, ses partisans Rhdp n'ayant pas suffisamment de poids. Ouattara, tel un mercenaire insensible aux souffrances des brebis qui ne lui appartiennent pas, sort ses armes de destruction massive et fait ses calculs: pas d'achat du cacao Ivoirien, pas de bateau Européen aux ports Ivoiriens, pas de collaboration de la Bceao avec les banques Ivoiriennes, d'où dérèglement du système bancaire Ivoirien, impossibilité de payer les salaires des fonctionnaires Ivoiriens, impossibilité d’approvisionner les pharmacies en médicaments, pas de fourniture en hydrocarbure, donc fermeture des stations, paralysie du transport, pas d’approvisionnement des marchés. Autant de mesures qui, espère-t-il, feront suffisamment mal au peuple de Gbagbo pour l'amener à se révolter contre lui, au moins par instinct de survie. Aujourd'hui, ils sont nombreux, ces pères de famille qui ont été mis au chômage du fait des effets collatéraux de ces mesures Rhdp contre le peuple de Gbagbo. Un enfer aux parfums différents selon les cas et que Ouattara laisse mijoter en priant de toutes ses forces que les choses s'empirent, que le gouvernement Aké Ngbo ne trouve pas de parade et que les souffrances du peuple soient exacerbées au maximum, car pour lui, seules ces souffrances peuvent faire faiblir les soutiens populaires de Gbagbo. Ouattara se dit que "ce peuple n'est pas stupide au point de se laisser crever pour un homme". Mais en fait, là où il a raison, c’est que le peuple Ivoirien n'est pas stupide. C'est un peuple qui sait où se trouve son intérêt et qui se bat pour le préserver, quoi qu'il dût lui en coûter. Ouattara le "majoritaire" qui a braqué les voix de Bédié son ‘allié’ (sic) et de Gbagbo au premier tour dans le nord, n'a pesé que 33%. Malgré son braquage !

 

Ouattara et/ou la mort. Lorsque l'honorable Ben Soumahoro disait qu'un jour Ouattara n'hésiterait pas à nous envoyer des avions bombarder la Côte d'Ivoire pour parvenir à ses fins, nous étions certainement nombreux à penser: "quand même... !"  Tel une prophétie sur le point de se réaliser, ses mots surgissent aujourd'hui de nos mémoires témoins et accompagnent sous nos yeux, les faits qui se déroulent. L'Ecomog annoncée n'était pas aux quais et nous avons bêtement cru qu'elle avait retrouvé son bon sens alors que de façon détournée, elle s'est infiltrée dans l'arène, se donnant les traits d'un commando qui a tout intérêt à rester invisible. Pour Ouattara, les 3 MI-24 sont prêts et opérationnels. Une fois de plus, Polichinelle n'a pas su tenir sa langue. Un carnage en préparation, avec des moyens à la dimension des ambitions si démesurées de l'homme. Ouattara en veut plus. Plus de morts. Le peuple de Gbagbo devra céder ou périr, avec ou sans lui. Ouattara sait que la force de Gbagbo, c'est entre autres, la constitution contre laquelle il ne peut rien, l'armée qu'il a décidé de combattre, et le peuple qu'il a en plein dans le collimateur. Ses hommes, avec sa bénédiction (sic) ont fait de PK 18 un champ de morts. Ils essaient d’imposer le règne de la terreur partout. La mort du peuple est désormais l'option principale des hommes du Golf. En fait, le truc, c'est de semer la désolation dans les familles Ivoiriennes et de dire "Gbagbo est responsable de la souffrance que nous infligeons au peuple." La mort du peuple comme stratégie de prise du pouvoir, vraiment, il faut le faire !

 

Tous comptes faits, le peuple, la mort et Ouattara, ça sonne comme un épilogue, surtout si on cède à la tentation très en vogue ces jours-ci de remplacer cette fois le "et" non pas par "ou", mais par "de". A chacun le soin de refaire la phrase et que Dieu bénisse la Côte d'Ivoire au nom du Père, du Fils et du Saint Esprit…

 

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zegou seli 02/03/2011 23:48


Good food.Miam! Miam! Complétement ouattaré , ce mec. On va rester poli on est dans le salon d'une dame...Belle cuisine! La suite!