La dictature des houphouétistes

Publié le par sonia

Plus de deux décennies après la conquête des libertés, la Côte d’Ivoire est toujours à la case départ. Ou du moins, nous y avons été rétrogradés par ceux contre qui cette conquête avait justement été faite : les houphouétistes. Et pourtant que d’espoirs avec l’accession de Laurent Gbagbo au pouvoir pour une refondation totale de la Côte d’Ivoire économique, politique et culturelle. Nous avons rêvé, mais c’était trop beau pour être vrai. Trop beau pour s’inscrire dans le long terme. Ceux qui ont brutalement mis un point d’orgue à cette symphonie inachevée sont aujourd’hui en train de vouloir nous imposer leur cacophonie, ambiance dans laquelle ils prospèrent le mieux. Si seulement ils pouvaient se limiter à ne nous casser que les oreilles avec leurs incongruités ! Hélas, le weekend dernier, ces houphouétistes ont tout cassé : aussi bien les opposants que leur matériel. Ils en ont même assassiné un. En plein processus de réconciliation, comme ils appellent leur truc. Après un tel déchaînement contre un simple meeting de rentrée, de surcroît à Yopougon, on imagine aisément le traitement que les Houphouétistes auraient réservé au Fpi en campagne pour les législatives dans des circonscriptions telles qu’Adjamé, Treichville, Abobo, Séguéla, Odiénné, etc. Le piège était trop gros pour ne pas être évité. On imagine également le sort qui a pu être réservé à tous ces représentants Lmp lors du second tour de la dernière présidentielle. Tous ces faits amènent certains à parler de dictature naissante, mais c’est une expression à rectifier parce que cette dictature là ne vient pas du tout de naître. Elle est plutôt à une autre phase de son développement, comme un monstre en pleine mutation pour pouvoir cracher tout son potentiel liberticide. Elle a été conçue, cette dictature, dans l’esprit de ceux qui ont préparé le coup du 19 Septembre 2002 et elle est née le jour même où sont tombés les valeureux serviteurs de l’Etat de Côte d’Ivoire et tous les autres fils et filles du pays contre lesquels Dramane et ses hommes avaient choisi comme moyen d’expression la violence meurtrière. La violence pour terroriser les populations qui découvraient pour la première fois des combattants armés dans l’arène politique en Côte d’Ivoire. Cette dictature a cherché pendant 10 ans à s’imposer. D’abord dans l’opposition, elle s’était déjà assujetti ses alliés. Que pouvait le Pdci de Bédié contre une machine à tuer dont les manettes se trouvent à Paris, surtout quand on connait ce parti de grilleurs d’arachides n’ayant aucune culture de la lutte ? Bédié lui-même ressent depuis des années, en silence, les douleurs d’une vengeance sournoise que lui infligent ceux dont il fut le tortionnaire dans ses moments de gloire. On sait qui fait la loi dans leur conglomérat. On sait qui se fait b… tout le temps entre Bédié et Dramane. On sait qui a le rôle du violeur et qui est la victime, à qui il est même interdit de manifester sa douleur. Cette dictature là, elle n’est pas du tout naissante. Elle a déjà une décennie d’existence au moins ; décennie pendant laquelle elle s’est fait les dents sur la moitié nord du pays. Dans la zone cno, il n’y avait ni presse d’opposition, ni activité politique d’opposition, ni système judiciaire, ni loi autre que celle des comzones qui faisaient la pluie et la sécheresse. Leur gestion du territoire qu’ils contrôlaient à cette époque était à l’image de ce qu’ils font de la Côte d’Ivoire aujourd’hui. Il n’y en a que pour eux. Même au sein de leur coalition de rebelles. Anaky le nigaud en sait quelque chose. Et gare à ceux qui ne sauront pas se tenir comme IB. On ne critique pas le chef, fut-il importé, incompétent ou opportuniste. Telle est la vision que les houphouétistes ont de la démocratie, une notion qui somme toute fut étrangère au mode de gouvernance du vieux dont ils disent si justement s’inspirer. Avec Houphouët, notre génération a développé les mythes de la sacralisation mystique du pouvoir d’Etat. C’était un crime de lèse-majesté que d’oser critiquer Houphouët ou de s’opposer à lui. Pour s’en rendre compte, il n’y a qu’a voir comment Laurent Gbagbo, l’opposant d’alors avait été diabolisé pour s’être permis de dire la vérité sur HB et contre le Pdci. Les houphouétistes aujourd’hui ne font pas mieux, eux pour qui les violences perpétrées par leurs partisans se justifient parfaitement, dans leur Etat de droit, par les propos irrévérencieux, provocateurs, injurieux et mensongers de l’opposition. En d’autres mots, ils l’ont bien cherché et c’est bien fait pour eux, ces opposants. Voilà le fameux vivre ensemble de Dramane et ses miliciens. Le vivre ensemble dans une case devenue trop exigüe pour accueillir tout le monde, maintenant qu’ils sont aux affaires ; il n’y a pas et il n’y a d’ailleurs jamais eu de la place pour tout le monde dans la case de l’Oncle Dom (Dramane Ouattara Menteur), alors si vous ne parlez pas le Frci (ils ont tous cette langue en commun), si vous ne faites pas bissimilè en montant dans un taxi, si vous affectionnez le porc et si en bon cafri vous succombez de temps à autres à la tentation d’un Martini sec, i djouhou ta ka boye* !

 

*Traduction littérale : prend ton cul et quitte là !

 

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