Drôle de dictature

Publié le par sonia

Elle est bien étrange, cette dictature dont Ouattara et ses partisans accusent Laurent Gbagbo ces derniers temps. Parfois même au risque de paraître ridicules, Ils s'efforcent de le présenter comme un dictateur sanguinaire, négateur absolu de toute démocratie, un  adepte du règne de la terreur ! Safroulaye! Et dire qu'il n'y a pas si longtemps, le petit Guitou était le premier ministre du dictateur, les partis politiques coalisés au sein du Rhdp avaient leurs militants au gouvernement du dictateur. Mieux: depuis la date du 19 Septembre 2002, date de la tentative de coup d'Etat devenue rebellion armée menée par et pour Ouattara, jamais Gbagbo n'a pris aucune mesure pour empêcher la libre expression des insurrectionistes et de leurs alliés à travers les media qui leur sont dévoués. La presse 'verte' est restée dans les kiosques à journaux, malgré l'ardent désir des patriotes d'en découdre avec elle, puisque dans les zones prises en otage par la rebellion, la contradiction est un péché capital. Gbagbo est celui qui a fait voter la loi qui a dépénalisé en Côte d'Ivoire les délits de presse et qui n'a jamais accepté qu'un journaliste soit mis en prison pour avoir exprimé ses opinions. Il est resté constant jusqu'à ce jour. Quel dictateur !

 

Une autre rengaine des 'Golfiens' (cf. www.golfie.over-blog.com) est celle que nous a servie ce matin (02 Fev 11) Ali Coulibaly en personne sur Onuci Fm alléguant que Gbagbo aurait fait marqué des domiciles avec les initiales 'B' pour Baoulé et 'D' pour Dioula qui sont les deux groupes ethniques dont seraient issus la plupart des partisans de Bédié (Pdci) et Ouattara (Rdr). Cette opération de marquage aurait pour but selon Ali, de planifier un génocide, parce que Gbagbo est un dictateur ! Tous les observateurs honnêtes de la dernière présidentielle en Côte d'Ivoire savent que selon les résultats du 1er tour (pour lesquels tout le monde est d'accord), Gbagbo est le seul candidat qui a eu un électorat disséminé sur toute l'étendu du territoire national. Originaire du Centre Ouest, il a eu ses plus forts scores dans l'Agnéby (Est) et, d'Abidjan, véritable melting-pot de populations issues de toutes les régions du pays, il n'a fait qu'une bouchée. Comment avec un électorat aussi hétérogène, peut-on dire que les Baoulé et les Dioula n'ont pas soutenu Gbagbo alors il veut les exterminer !

 

Ceux qui se sont entassés à l'hôtel ou qui s'y sont fait entasser disent avoir peur de rentrer chez eux parce que s'ils le font, Gbagbo le dictateur les fera assassiner. Mais quand on est dictateur, on n'hésite pas à s'en prendre aux familles de ceux après qui on en a. Or en l'espèce, ils ont tous de la famille à Abidjan, mais aucun des leurs ne souffre du moindre harcèlement. Aucune violence ne leur est faite jusqu'à ce jour. Pas d'arrestation, pas de séquestration, pas de faux procès ...

 

Il y a mieux encore. Dans la région d'origine du Président Gbagbo, les ressortissants Dioula ont toute liberté d'exprimer leurs mécontentements, parfois même de façon excessive, sans qu'aucune instruction de représaille ne soit donnée par le dictateur génocidaire qui devrait  logiquement en tant que tel penser à protéger les 'siens'. Il n'en est rien ! Les dioula n'ont été ni exterminés, ni expulsés de Gagnoa et ça n'arrivera pas !

 

Pendant que toute la communauté internationale à la suite de Ouattara et Bédié invoque les foudres de l'Ecomog sur la Côte d'Ivoire, Gbagbo est le seul qui propose une solution négociée jusqu'à ce jour. Pour le petit Guitou, Gbagbo ne comprend que le langage de la force, pour Ouattara, il faut l'exfiltrer, pour Bédié, il faut faire ce que Ouattara dit ! Et celui qui est le dictateur, plutôt que de traquer les opposants comme il convient à un dictateur de le faire en pareilles circonstances (à commencer par les journalistes), appelle à une solution négociée. Il ne dit pas 'J'ai gagné, le débat est clos'. Il laisse à Ouattara le soin d'exprimer en ces termes sa véritable nature. Lui, son crédo tout le monde le connaît: Recomptons les voix !

 

On veut faire croire que Gbagbo est minoritaire, et qu'il utilise la force pour s'imposer de façon dictatoriale, mais personne n'est dupe. Les minoritaires qui n'acceptent pas les principes élémentaires de la démocratie sont ceux qui ont eu recours à la violence armée parce qu'ils savaient que ni le parlement, ni l'exécutif, ni le judiciarie, ni même l'opinion nationale ne leur auraient permis d'arriver à leurs fins. La seule manière pour eux de contourner ces leviers de la démocratie, c'était la guerre. C'est ce qu'ils nous font encore.

 

C'était là les nouvelles du pays.

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Zegouli Seli 04/02/2011 01:54


Du beau travail . Félicitations.

Venez nous voir de temps en temps en Golfie pour quelques golferies et golfolies...

Tous mes encouragements
ZS