Autel du Golf

Publié le par sonia

Hotel GolfSans être un observateur particulièrement pointilleux, on peut constater que la ferveur religieuse des Ivoiriens dans cette crise interminable a connu un véritable boom, phénomène confirmant la théorie des philosophes  qui disent que l'âpreté des conditions matérielles constitue souvent un excellent catalyseur de la foi. La crise a donc créé les conditions d’un foisonnement de religions et d’adorateurs, en marge de ceux qui étaient déjà connus. Mais à côté de ceux qui dans une foi authentique se sont découvert une vocation sincère à la spiritualité, il y a comme d’habitude, les contrefaçons qui ont tout simplement profité de l’occasion pour se fabriquer une spiritualité sur mesure et s’attirer la sympathie des âmes crédules.

 

Ouattara s’est très tôt et de la manière la plus gauche, présenté comme un adepte de la religion musulmane. Il s’est servi de cela pour se faire un nom en politique, et seulement pour ça. Jusque là, ça a marché, avec l’aide des media qu’il a su instrumentaliser pour se faire adopter par des « frères » semble-t-il tellement désireux de mettre fin à leur « exclusion » des affaires qu’ils ont fermé les yeux sur les pratiques haram de cet homme : « Alassane est étonnant, explique un de ses proches. Il n’a pas la culture de la pratique, ne jeûne pas, ne se rue pas à La Mecque pour le pèlerinage. En revanche, il attache beaucoup d’importance aux valeurs de l’islam. » (Cf. www.jeuneafrique.com) (1)  Mahfô ? Que peut vouloir dire qu’il "n’a pas la culture de la pratique", sinon qu’il ne verrait pas du même œil que ses « frères » un plat de côtelettes de porc à la pékinoise bien arrosé de vin de table !

 

Certains esprits perspicaces attribuent d’ailleurs à son infidélité  l’indifférence du Miséricordieux vis-à-vis de ses ambitions politiques, indifférence qui se manifeste par son incapacité à accéder à la magistrature suprême malgré tous les efforts fournis. L’autre problème, c’est que ces efforts là sont parfois déployés contre les intérêts même de la communauté à laquelle il dit appartenir. En effet, comment comprendre cette dernière tentative de dédoublement de la fête de Maouloud, juste pour satisfaire un égo en quête de reconnaissance. Il a résulté de cette énième bourde de l’aventurier politique une division de fait de la communauté musulmane : les musulmans du CNI dirigé par l’Iman Idriss Koudous, président de ladite structure et les musulmans du COSIM présidé par l’Imam Boikary Fofana, Président de cette autre instance qui lui assure sa part de sacrificature œcuménique au Golf. Bon, de toutes les façons, Ouattara peut faire de 'sa' religion ce qu’il veut, c’est son problème, tant que cela ne dérange pas la quiétude des Ivoiriens.

 

Dans ce pèlerinage politique que Ouattara effectue depuis près de deux décennies, il en a appris des choses, tant et si bien qu’il a fini par fonder sa propre religion, celle qui prône la violence comme mode d’accession au pouvoir, l’autel du Golf faisant office de lieu ‘saint’ servant de centre d’opération de tous les sacrifices accomplis pour le succès du gourou des gourous. Pour Ouattara, on égorge des Ivoiriens dont le sang abreuve l’autel du Golf. On enlève des innocents dont les organes serviront à des sacrifices rituels sensés conférer pouvoirs d’invulnérabilité aux balles des Fds et d’invisibilité. S’il veut continuer de rester invisible, le commando de Ouattara a besoin de sang, beaucoup de sang, surtout maintenant que les Fds ont compris que le sacrificateur de l’autel du Golf n’était pas très informé de l’effet dévastateur des RPG et des mitrailleuses d’un certain calibre !

 

A l’autel du Golf, Ouattara et sa confrérie n’hésitent pas un seul instant dans leurs rituels macabres à sacrifier l’avenir de tous ces enfants de la Côte d’Ivoire pour qui l’école est devenue une partie de poker. On va à l’école un jour, le jour suivant on reste à la maison pour cause de marche ‘pacifique’, et la chance fera le reste ! Dans leur avidité incontrôlée, ils ont jeté leur dévolu sur Abobo, sacrifice que trop vivant qui refuse de mourir à l’instar du pays lui-même dont la mort a été vainement invoquée voire implorée dans des envolées incantatoires relayées par des media internationaux. Aujourd’hui, c’est Koumassi qu’on essaie d’immoler sur le même autel.

 

Les livres saints nous montrent clairement que le sacrifice étant intimement lié à l’autel qui le reçoit, c’est par la destruction de cet autel que le rituel et ses effets peuvent être annihilés. Si vous savez ces choses, vous êtes heureux, pourvu que vous les pratiquiez !

 

C’était les nouvelles du pays

 

(1) Le lien complet : (http://www.jeuneafrique.com/Articles/Dossier/ARTJAJA2602p022-029.xml0/fmi-laurent-gbagbo-islam-cacaopresidentielle-les-deux-mondes-de-gbagbo-et-ouattara.html)

 

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